Projet « Murets d’Art »

Murets d’Art chemine entre la France et l’Espagne. Des artistes et des professionnels de la pierre sèche viennent habiter pour un temps le chemin, cet espace naturel où la pierre est présente sous forme de murets, afin que les créations contemporaines aboutissent à une œuvre paysagère. J’ai nommé ces interventions: étoiles.

 

Le muret en pierres sèches

 

Des bribes de vies, des monceaux d’histoires, les murets sont habités…
Cette pierre déposée, agencée avec pour seul support, l’intelligence des mains, le prolongement de l’être , ce qui est au bout de soi tout ce qui a été traversé avant…

 

La nature, les racines, la terre qui forment le muret. Le muret est la peau , il est livré au temps et donne à voir, à émouvoir. La pierre sèche se prête à l’homme, à l’environnement, elle est, elle est le naturel, la naturelle jonction entre la nature et l’homme, elle est création.

Des souvenirs s’y déposent, s’amalgament… des habitats s’y mêlent…

 

Le muret, le chemin, les villages

 

La poussière soulevée, celle de la sueur, les pas, le muret accompagne le voyageur, c’est son ami, son aire de repos, de méditation, de contemplation. Nous sommes tous à la hauteur d’un muret en pierres sèches, nous nous sentons capables de rajouter une pierre à l’édifice…

 

Le chemin jalonné de murets sillonne, serpente, respire, inspire, guide, épouse les formes du relief, se déplace vers, vers la source, vers les lieux de fraîcheur, de repos, vers le village voisin… le chemin avec ses murets se déplace, il ne cherche pas à déplacer, ne ramène pas à nous mais va vers…

 

Il prend place dans l’ espace, il se consolide avec le temps, se fond avec le reste jusqu’à disparaître parfois, il peut même s’écrouler, et sa déchirure peut nous en rappeler bien d’autres…

 

Le muret sur le chemin est le lien, il est son ambassadeur, il mène à, n’a que faire des frontières dressées par d’autres hommes, son seul amant est la terre. Il traverse les villages, les donne à connaître. Le muret accompagne.

 

Le muret, l’artiste

 

Le temps d’une halte, et pour les artistes le temps de rendre hommage à cette nature bien trop souvent malmenée. Habiter cette peau qui est le muret, honorer le lien entre le savoir faire de l’homme et son environnement. Si modeste soit le travail de la fourmi, si modeste soit l’art de la pierre sèche!

 

Les artistes viennent habiter pour un temps cette peau, qu’est le muret de pierres sèches consiste en Les œuvres contemporaines entrent en symbiose avec les murets de pierres sèches qui jalonnent notre paysage le long des chemins.

Le chemin est celui emprunté par les villageois, les muletiers, les colporteurs, les charbonniers, les exilés, les
mariés…et les randonneurs aujourd’hui.

Les créations s’édifient avec le muret, s’inscrivent dans sa restauration, dedans, au-dessus, seront le muret même, autour, sur le chemin, dans les arbres… Elles entrent en dialogue avec le muret.

Les créations viennent épouser l’existant

 

Les œuvres vivent le temps et avec le temps, la transformation est importante, l’impermanence doit apparaître, l’œuvre d’art, celle qui dure mais aussi celle qui vit avec l’érosion, et même l’éphémère trouve sa place. Le voyageur peut revenir, il ne verra jamais la même chose, l’œuvre transformée ou disparue sera porteuse aussi de cette Réflexion.

 

Tout est ramené à la poussière et l’attitude de l’homme despote perd son sens puisqu’elle n’existe qu’avec la peur de disparaître.

 

Il n’est pas nécessaire de reconstruire tout le muret, des portions, celles que le temps a déjà empruntées sont revisitées. Il est bien parfois aussi de commencer l’histoire du muret et d’être amené à construire le notre, en déposant pierre à pierre.

 

Les œuvres s’élaborent avec la participation des professionnels de construction à pierre sèche et les villageois porteurs de ce savoir faire, prêts à le transmettre.

 

Murets de Arte, un projet transfrontalier, interculturel et transversal où se côtoient, l’art, le patrimoine et le territoire.

 

Du pays de la forêt de Saoû jusqu’en Espagne dans l’Aragon pour sa première grande étape.

 

Forêt de Saoû, les racines…, jusqu’où s’étendent elles? Elles se nourrissent et grandissent dans la Terre.

 

Celles des arbres, ceux qui sont là, ceux transportés, ceux qui ont voyagé, ceux plantés, ceux qui trouvent une terre nourricière, s’enraciner et vivre.

 

Celles de l’Homme, celui qui est là , celui qui a voyagé, celui qui a été déraciné, celui qui a fui, celui qui en a été privé, celui qui va et qui revient, celui qui s’est laissé adopter, celui qui a refusé, celui qui n’a rien trouvé… L’homme sait marcher, pour sa survie, pour son plaisir, pour découvrir, pour fuir.
Les pierres des murets en pierre sèche sur les chemins ne sont pas cimentées entre elles.
Leurs pierres vivantes sont mémoire du passage, de tout passage. Ces pierres continuent de vivre, de recevoir et de vibrer. Elles nous livrent leur histoire que notre âme d’ artiste va explorer.

 

Elles ont été extraites des champs alentours, ont été déposées dans l’intention de délimiter, de protéger, de retenir la terre des champs et des chemins.

 

Les racines sont indéfinissables dans leur totalité, elles existent.
Bien des raisons pour que l’homme perde ses racines et parte à la dérive.
Les liens sont irrationnels et multiples voir à l’infini, propres à l’artiste de nous les livrer, les racines se fortifient si nous les nourrissons.

 

L’Aragon, pays ou l’odeur de l’homme est omniprésente depuis la nuit des temps, ou la rudesse de la terre laisse entrevoir des faciès sculptés par de durs travaux. Villages aux couleurs de la pierre, abandonnés, quittés de la vie, jamais loin d’une source. Traces du néolithique, ponts romains et murets de pierres sèches. Cris de faucons et vols de rapaces, nids perchés et troupeaux de chèvres sauvages accompagnent le voyageur. Histoire de peuplades qui se sont succédé-es, qui ont résisté, élaboré des codes de survie.

 

Une terre qui offre l’espoir, le courage d’aimer l’existence est une terre aimante.
Chaque muret d’Art va soulever un réseau d’actions qui va venir nourrir notre Terre d’intention salutaire.

 

L’un et l’autre, la forêt de Saoû et la Sierra de Guara dans l’Aragon sont eau et ferment.
Nomadisme et sédentarisme, le muret en pierre sèche du chemin est témoin, il délimite ces deux réalités, mouvement ininterrompu, principe même de la respiration.

 

Pays de la forêt de SAOU et Sierra de GUARA, deux lieux à réunir, ils le sont déjà à l’échelle de l’Univers, Murets d’Art grâce à l’engagement de ses acteurs vient le matérialiser à l’échelle humaine.

 

Ce projet a besoin de soutien pour poursuivre sa route en étoile, par ci, par là, jusqu’à ouvrir un chemin de Murets d’Art, s’enrichissant et enrichissant d’autres chemins.

Ce projet existe afin de potentialiser toutes les énergies créatives qui nous habitent, orienté vers le respect du devenir de notre Planète et créer ainsi dans l’espace une «colonne vertébrale» en faveur d’un monde meilleur.